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Hans Jonas  - Essais philosophiques, Du crédo ancien à l'homme technologiqueQu'est-ce que le juste ? La conception de Michael WalzerLes réductionnismes scientifiquesL'Eternel Retour du même - NietzschePlaton, Le Criton - à propos du devoir

Hans Jonas – Essais philosophiques, Du crédo ancien à l’homme technologique

28 fév

jonasPour celui qui cherche à comprendre la pensée de Hans Jonas dans son ensemble, c’est-à-dire dans toute sa richesse et sa diversité thématique, nul doute que « Essais philosophiques, du crédo ancien à l’homme technologique » paru chez Vrin en 2013 constituera un ouvrage incontournable.

Nous y retrouvons d’une part l’ensemble des thèmes chers au philosophe allemand et développés dans son oeuvre majeure « Le Principe Responsabilité », notamment :

  • Les technosciences et la responsabilité nouvelle qui incombe à l’homme de par leurs effets, avec un nouveau champ éthique comme horizon
  • La place centrale de la peur (« heuristique de la peur »)
  • La genèse des sciences modernes, l’influence du dualisme d’origine cartésienne et la discrédit de tout finalisme
  • La futurologie, au travers d’une très intéressante étude du rapport qu’entretiennent (ou plus précisément doivent entretenir) la philosophie et l’économie aux buts / fins. Je ne peux m’empêcher ici de citer cette thèse de Jonas :

« L’objet a priori d’un impératif catégorique  inconditionné est la possibilité  continue du système économique lui-même : pas nécessairement  d’un système donné,  mais plutôt  d’une économie viable comme telle. […] L’impératif a priori, dont la forme pourrait être : « Agis de façon telle que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’un ordre économique », est pour des raisons d’application critique mieux exprimé dans son équivalent négatif : « Agis de façon telle que les effets de ton action ne détruisent pas la possibilité d’une vie économique dans l’avenir » ; ou plus simplement : « Ne compromets pas les conditions de maintien d’une économie viable ». » (p136) : application du principe responsabilité à la sphère économique.

Nous y retrouvons également quelques réflexions bioéthiques, comme par exemple une discussion (pour ne pas dire une violente critique !) sur la définition de la mort comme simple coma irréversible (chapitre 6) ou encore ses réflexions sur les possibilités offertes (ou à venir) des biotechnologies (chapitre 7), que l’on retrouvera synthétisées dans le Principe Responsabilité.

Mais « Essais philosophiques, du crédo ancien à l’homme technologique » présente de très nombreux autres pans de la pensée jonasienne, de ses conceptions théologiques (critique du dualisme gnostique au profit du monisme, impact du christianisme dans la trajectoire de l’histoire de la philosophie) à sa sublime analyse logique et ontologique de la compréhension de l’Histoire au travers des concepts de changement et de permanence (chapitre 12).

En cela, cette oeuvre constitue, finalement, une excellente approche de l’unité de la pensée de Hans Jonas de la gnoséologie, en passant par la biologie, jusqu’à l’immense Responsabilité envers les générations futures imposée par l’utopie technologique au coeur de nos sociétés, au travers de la critique de tout dualisme (voir à ce propos mon mémoire consacré à l’étude de Hans Jonas et de son oeuvre majeure).

J’en profite pour remercier chaleureusement Damien Bazin (professeur d’économie à l’université de Sophia Antipolis à Nice), qui m’a très aimablement fait parvenir un exemplaire de cette oeuvre, ainsi que pour sa… patience !

 

 

 

Qu’est-ce que le juste ? La conception de Michael Walzer

15 déc

La justice est l’un des objets par excellence de la philosophie morale. Depuis Platon, les philosophes n’ont cessé de questionner ce qu’est le juste. Je vous propose aujourd’hui d’examiner la position du philosophe Walzer, notamment au travers de son oeuvre “Sphères de justice”.

La justice comprise comme égalité complexe

En premier lieu, Walzer associe les concepts de justice et d’égalité. Traditionnellement, l’égalité est comprise au sens littéral : l’égalité simple ou arithmétique. L’originalité de Walzer réside dans le fait qu’il parle au contraire d’égalité complexe ou plurielle. Cela signifie tout simplement que la justice s’applique différemment selon les groupes humains et, notamment, selon les modes de vie.

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Les réductionnismes scientifiques

20 déc

Scientifiques et réductionnismeLe thème du jour sera le réductionnisme (scientifique). Pourquoi aborder ce thème ? Tout simplement parce qu’à la suite de mon billet consacré aux atomes et à la question de leur existence (Cf. http://djaphil.fr/sujets/les-atomes-existent-ils-rapport-entre-sciences-et-monde-296), le réductionnisme s’est avéré à chaque fois être le coeur du problème dans les très nombreux échanges partant du billet en question.

Il s’agira donc de définir le réductionnisme et de montrer en quel(s) sens il s’avère être, dans certains cas, une illusion métaphysique, du moins une thèse métaphysique que ses partisans ne voient que très rarement comme telle.

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L’Eternel Retour du même – Nietzsche

18 déc

NietzscheS’il est une idée nitzschéenne ressasséee, reprise, et malheureusement souvent déformée, c’est bien ce thème : l’Eternel Retour du même. Déformation la plus courante : oublier « du même » dans cette idée. Voyons donc ce qui se cache, si vous l’ignoriez encore, derrière « l’Eternel Retour du même« . Quoi de mieux, pour cela, que de se pencher sur les textes de Nietzsche lui-même. Cette thèse est à mes yeux l’une des plus précieuses que l’on puisse trouver dans la philosophie et, dans tous les cas, le coeur de la pensée de Nietzsche.

Nietzsche exprime principalement à deux endroits de son oeuvre cette thèse. La formulation la plus connue sans doute apparait au sein du Gai Savoir (1882), dans l’aphorisme 341 (en entier) : « le poids le plus lourd ». L’autre occurrence la plus fameuse de cette thèse se trouve dans Ainsi parlait Zarathoustra (1883-1885) dans « Le convalescent ».

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Platon, Le Criton – à propos du devoir

16 oct

PlatonLe Criton est une oeuvre dans laquelle Platon aborde une problématique éthique : que doit-on faire ? Quel est le critère de la moralité ? Que doit-on examiner pour juger de la moralité d’une action ? Le Criton retranscrit un dialogue entre le personnage du même nom et Socrate. Le premier rend visite au philosophe à quelques heures de sa mise à mort, lui proposant de s’évader. C’est dans ces circonstances que Socrate va exposer et démontrer par les faits ce qu’est une action morale, selon différentes perspectives : notamment autrui, la cité (les lois notamment), la vérité et l’au-delà.

Criton, l’oiseau de mauvaise augure [43c-44b]

Criton vient donc rendre visite à son ami Socrate pour lui apporter une terrible nouvelle : sa mise à mort doit intervenir dans les prochaines heures. Criton, accablé par cette terrible nouvelle, fait face à un Socrate étonnamment serein : la philosophie ne consiste-t-elle pas à apprendre à mourir, c’est-à-dire purifier l’âme du fardeau que représente le corps durant la vie ?

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Les atomes existent-ils ? Rapport entre sciences et monde

21 mai

Atome au microscope électroniqueLa question initiale est la suivante : les atomes existent-ils ? Sujet d’une conversation animée, hier, au travail, avec des passionnés de sciences, je ne pouvais pas manquer d’en faire un billet.

Au premier abord, il paraît aller de soi que les atomes existent, que l’on peut les observer, notamment avec des appareils tels que des accélérateurs de particules. La question semble donc n’avoir que peu d’intérêt, voire pousser vers la légèreté intellectuelle ceux qui osent répondre par la négative à cette question. Lire la suite »

 
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Ernst Cassirer et le concept de forme symbolique

25 avr

Ernst Cassirer et le concept de forme symboliqueErnst Cassirer est un philosophe allemand néokantien de la fin XIXème – début XXème. Son apport majeur à la philosophie réside dans le concept de « forme symbolique ». Le concept de forme symbolique (in Trois essais sur le symbolique) constitue une excellente introduction à son système philosophique. Il s’agit pour Cassirer d’interroger notamment le rapport entre l’esprit et le monde, la relation intime qui relie les deux. Ce rapport, pour Cassirer, prend la forme du symbole, quel que soit le domaine spirituel interrogé : religion, art, sciences, métaphysique… Autrement dit, l’esprit élabore des symboles pour appréhender le monde.

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Hans Jonas : la responsabilité et l’utopie technologique au format PDF

24 avr

Hans JonasPrévue depuis de nombreuses années, la mise à disposition de la version électronique de mon mémoire consacré à l’oeuvre majeure de Hans JONAS (Le principe Responsabilité) a enfin trouvé la rencontre de ma volonté et de mon temps libre ! Un lien est désormais présent sur chaque billet consacré à mon mémoire, ainsi que sur la présente page. N’hésitez pas à me contacter si des points ne sont pas clairs ou pour m’adresser vos critiques, négatives voire positives.

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Les enfants sauvages de Lucien MALSON

13 avr

Les enfants sauvages de Lucien MalsonS’il est un livre philosophique qui nous en apprend beaucoup sur la « nature humaine » et qui fait voler en éclat nombre de préjugés, c’est bien ce livre : Les enfants sauvages. Pour aller droit au but, ce livre pose parfaitement la question de la distinction entre nature et culture, entre l’inné et l’acquis en l’homme. Beaucoup y apprendront que l’humanité est davantage un processus d’acquisition que de l’ordre de l’innéité. Plus largement, il permettra même de se demander s’il existe une « nature humaine », cette dernière se réduisant comme peau de chagrin à la lumière des analyses de Lucien MALSON. A moins de changer le sens de l’expression « nature humaine » auquel on pense spontanément et de déplacer ce concept vers celui de culture : en l’homme, nature et culture sont intimement liées.

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Nietzsche : Il faut apprendre à aimer – Le Gai Savoir

10 avr

Friedrich NietzscheS’il est un auteur qui a profondément marqué ma conception du monde, c’est bien Nietzsche. Découvert vers mes 18 ans, Le gai savoir est l’un de mes plus précieux ouvrages de philosophie. Simple de lecture en apparence, il ne s’ouvre pourtant qu’à celui qui lit et relit avec patience les aphorismes dont il est composé. L’argumentation est souvent complexe et subtile. Aujourd’hui, je vous propose de découvrir un des courts aphorismes de ce livre : « Il faut apprendre à aimer ». Ce texte défend l’idée qu’aimer une chose n’est bien souvent pas spontané, mais requiert au contraire des efforts et de la patience.

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