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Les enfants sauvages de Lucien MALSON

13 avr

Les enfants sauvages de Lucien MalsonS’il est un livre philosophique qui nous en apprend beaucoup sur la « nature humaine » et qui fait voler en éclat nombre de préjugés, c’est bien ce livre : Les enfants sauvages. Pour aller droit au but, ce livre pose parfaitement la question de la distinction entre nature et culture, entre l’inné et l’acquis en l’homme. Beaucoup y apprendront que l’humanité est davantage un processus d’acquisition que de l’ordre de l’innéité. Plus largement, il permettra même de se demander s’il existe une « nature humaine », cette dernière se réduisant comme peau de chagrin à la lumière des analyses de Lucien MALSON. A moins de changer le sens de l’expression « nature humaine » auquel on pense spontanément et de déplacer ce concept vers celui de culture : en l’homme, nature et culture sont intimement liées.

Les enfants sauvages : plan

En ce qui concerne la construction de l’ouvrage, voici le découpage adopté par l’auteur :

  • une rapide introduction de quelques pages qui annonce l’idée essentielle : il n’y a pas de nature humaine
  • chapitre 1 (« l’hérédité de l’individu et l’hérédité de l’espèce ») : il n’y a qu’une hérédité biologique, et non psychologique ; le développement psychologique de l’homme dépend de son inscription en société (acquis)
  • chapitre 2 (« Les compositions légendaires et les relations historiques ») : les cas historiques d’isolement et les débats concernant leur sens
  • chapitre 3 (« Les trois espèces d’homines feri et leurs plus célèbres exemples ») : présentation et analyse des trois cas d’isolement que Lucien MALSON interroge
Les enfants sauvages de Lucien Malson - analyse philosophique

Les enfants sauvages de Lucien Malson

Introduction

« C’est une idée désormais conquise que l’homme n’a point de nature mais qu’il a – ou plutôt qu’il est – une histoire« . MALSON part donc d’un constat. Cette thèse existentialiste est-elle une évidence pour tout un chacun ? Rien n’est moins sûr. Combien pensent encore que l’homme naît avec une grande part de facultés déjà constituées ? S’il défend l’évidence de cette thèse, MALSON va néanmoins assoir cette thèse sur l’analyse des « enfants sauvages », c’est-à-dire d’enfants qui se sont retrouvés à l’état sauvage très jeunes, avant même d’avoir appris au sein de la société des hommes.

L’humanité est conçue par MALSON comme une « structure de possibilités, voire de probabilités qui ne peut passer à l’être sans contexte social, quel qu’il soit« . Autrement dit, l’homme est un animal politique (Aristote). En dehors de la cité, l’homme n’est plus vraiment homme, en dehors de la cité, l’homme reste un animal. L’hérédité n’est pas d’ordre psychologique : les caractéristiques et compétences psychologiques se transmettent grâce à l’éducation. MALSON distingue d’ailleurs ici l’hérédité (physique, biologique) et l’héritage (psychologique) : « La nature, en l’homme, c’est ce qui tient à l’hérédité, le culturel c’est ce qui tient à l’héritage« . Bref, pas d’hérédité psychologique, ni au niveau de l’individu, ni au niveau de l’espèce : on ne nait pas homme, on le devient.

Chapitre 1 : l’hérédité de l’individu et l’hérédité de l’espèce

MALSON commence dans ce premier chapitre par examiner la notion d’hérédité au niveau de l’individu. Sa thèse, encore une fois, est qu’il n’existe pas d’hérédité psychologique en l’homme pris comme individu. Les idées, la morale, les croyances ne se transmettent pas spontanément entre parents et enfants. On ne nait pas intelligent ou idiot, ni croyant ou athée, ni bon ou mauvais : ces qualités relèvent de la culture, de l’éducation. La seule transmission spontanée est d’ordre biologique : je nais blond ou brun, petit ou grand, etc.

La sociologie des familles (étude des familles de génies ou d’arriérés) pourrait laisser penser qu’il y a pourtant une transmission à l’enfant des dispositions spirituelles, du « génie » ou, à l’inverse, des déficiences (hors maladies). La famille de Bach, par exemple, est composée de près de 50 musiciens sur 8 générations. N’est-ce pas là la preuve d’une transmission héréditaire du génie musical et donc de compétences intellectuelles ? A l’inverse, on retrouve des familles composées historiquement d’un très grand nombre de clochards et d’alcooliques. Ne peut-on pas en déduire la même chose que dans le cas de la famille Bach ? MALSON défend que dans les deux cas, cette « hérédité » est en fait un « héritage », c’est-à-dire que cette transmission dépend du milieu et de l’éducation. On pourra à ce sujet se tourner vers des auteurs tels que DURKHEIM ou BOURDIEU pour en apprendre davantage sur la dimension sociologique de l’éducation et du développement des qualités intellectuelles. Si on place un enfant de mère « débile » dans une famille au milieu culturel élevé, l’enfant aura un QI dans la moyenne. Les affects et les connaissances sont donc bel et bien fonction du milieu et de l’éducation, et non d’une base biologique (encore une fois : hors maladies).

D’autre part, l’étude de la gémélité (les cas de jumeaux) pourrait faire penser que la ressemblance au niveau psychique des jumeaux proviendrait d’une hérédité commune. Mais la ressemblance, encore une fois, est liée au milieu familiale et à l’éducation reçue : « L’entourage a tendance à traiter de la même manière ceux qui s’offrent au regard dans une indifférenciation objective« . Surtout, chaque enfant, même dans le cas des jumeaux, a foncièrement une personnalité unique et originale. Dans le cas des familles de génies comme dans le cas des jumeaux, nous n’avons pas à faire à une hérédité mais bien à une transmission culturelle. A la limité, l’hérédité s’arrête à l’air de famille (physique) que peuvent partager les enfants.

MALSON a donc défendu dans ces deux cas qu’il n’y a pas d’hérédité psychologique au niveau de l’individu humain. Il reste à voir si au niveau de l’espèce humaine, on ne peut pas retrouver néanmoins une hérédité des principales caractéristiques intellectuelles et affectives de l’être humain. Sans cela, il faudrait renoncer à la notion de nature humaine au sens où on l’entend habituellement.

***

Pour MALSON, c’est de son milieu social que l’homme reçoit le sens moral et une certaine manière de concevoir le monde, de penser et de ressentir des affects. « Les peuples ont développé un « style de vie » que chaque individu, en eux, tient – non sans réagir, du reste – pour un prototype« . Mais cette conception est purement subjective, et non objective. On s’aperçoit d’ailleurs, argument avancé par MALSON, que les peuples qui migrent changent de comportements.

En outre, les phases de développement de l’enfant (conceptualisées par exemple par Freud : Oedipe, stade anal, etc.) ne sont pas universelles. On se rend compte en étudiant les peuples « primitifs » (terme abominable s’il en est !) que certaines phases de développements que l’on croyait inscrites profondément en l’homme ne sont que des caractéristiques relatives à telle ou telle culture, à tel ou tel mode de vie. Par exemple, MALSON rapporte que l’Oedipe n’existe pas dans les îles d’Alor.

En conclusion, il n’y a pas de « nature humaine » au sens de l’innéité. L’homme ne doit rien à l’inné et doit intégralement se construire, grâce à son milieu et son éducation, bref : c’est la société humaine qui crée l’être humain. Sans appartenance sociale initiale, l’homme n’est qu’un animal.

N’y-a-t-il alors aucune différence en l’homme et le reste du règne animal ? MALSON nuance son propos en précisant qu’ « il demeure que l’homme, en société, actualise des possibilités qui le différencient sans conteste de l’animal supérieur« . Par exemple, en dehors de la société, l’homme est incapable de parler. Pourtant, seul l’homme pourra parler au sein du règne animal, après une phase d’éducation. L’homme présente donc un certain nombre de possibilités, de puissances (au sens aristotélicien) que la société permettra d’ »actualiser » (idem).

***

La « nature humaine » est donc construite, socialement déterminée. MALSON indique ce qu’il considère comme les caractéristiques de la nature humaine.

Sur le plan de l’intelligence, il suit KÖHLER en définissant l’homme par :

  • la liberté dans l’espace (l’homme, pour manger, peut par exemple enlever un obstacle) et dans le temps (l’homme peut partir à la chasse avec un bambou sur l’épaule)
  • la pensée de la pure chose : l’homme peut donner plusieurs sens à une même chose, et donc séparer la chose de ses sens possible
  • la capacité combinatoire (ex : construction d’un pont avec planches et caisses)

Ces caractéristiques que MALSON tient pour proprement humaines peuvent néanmoins ici être largement critiquées, notamment en s’appuyant sur les plus récentes études des grands mammifères…

Sur le plan de l’affectivité, MALSON s’appuie sur LEVI-STRAUSS :

  • l’exigences de règles (coutumes et rites)
  • le voeu de réciprocité (égalité)
  • le mouvement oblatif (le don)

De la même manière, la spécificité humaine de ces trois caractéristiques est critiquable.

Quoi qu’il en soit, MALSON a défendu que la nature humaine est une construction, le fruit d’un processus d’apprentissage et d’une inscription dans un milieu socio-culturel et qu’aucune caractéristique psychologique est héréditairement transmise, que ce soit au niveau de l’individu ou au niveau de l’espèce. A la question « qu’est-ce que l’homme ? », MALSON répond donc : un être déterminé et constitué au travers de sa relation à autrui au sein de la société. C’est l’autre qui me fait advenir, exister, sortir de mon animalité : d’abord ma famille, puis mes amis, puis la société dans son ensemble me conduisent à m’humaniser.

Chapitre 2 : Les compositions légendaires et les relations historiques

MALSON rappelle alors les grands cas historiques d’isolement. Rappelons que Lucien MALSON va analyser par la suite trois grands cas d’isolement et qu’il va s’appuyer sur cette étude pour défendre l’idée que l’homme, par nature, est bien peu de chose, la « nature humaine » devant tout à l’éducation et aux stimulations de son milieu social.

Romulus et Rémus, enfants recueillis par une louve, et qui fonderont Rome sont l’exemple (fictif) le plus connu des enfants sauvages, élevés par un animal, en dehors de la société humaine. L’enfant-loup de la Hesse (cité par ROUSSEAU dans Le Discours sur l’origine…), surnommé ainsi car recueilli par un loup, est également fameux (enfant découvert en 1344). De nombreux cas en Inde ont été rapportés. MALSON analysera d’ailleurs un exemple localisé en Inde (Amala et Kamala, découvert à Midnapore en 1920).

***

Quels sont les caractéristiques de l’homo ferus, nom latin donné aux « enfants sauvages » ? LINNE, que critique en partie MALSON, les définissait comme étant :

  • quadripèdes : MALSON rappelle que certains deviennent cependant bipèdes
  • muet : certains, nuance MALSON, réussissent à parler par la suite
  • velu : ce point relève de la légende (MALSON rappelle que l’on présente des hommes velus dans les fêtes foraines comme soit-disant sauvages, ce qui n’est pas le cas)

Quels sont alors, pour MALSON, les caractéristiques essentielles de l’homo ferus ? Voici la définition minimaliste de l’homme à l’état de nature, sans éducation humaine :

  • indifférence sexuelle
  • certains (habitués à vivre la nuit) voient mal le jour
  • ne deviennent pudiques qu’avec l’éducation
  • sensations auditives et olfactives exacerbées
  • insensibilité thermique
  • ni rire, ni sourire (alors qu’on définit souvent le rire comme étant le propre de l’homme !)
  • préfère souvent la compagnie des animaux

Tel est le portrait de l’homo ferus dressé par MALSON et que l’analyse de trois cas d’enfants sauvages lui a permis de développer. Et ce dernier de citer JASPERS : « ce sont nos acquisitions, nos imitations, notre éducation qui font de nous des hommes au point de vue psychologique« .

***

Avant d’étudier dans le détail les cas d’enfants sauvages, MALSON étudient les critiques qui sont faites à ces cas d’isolement et qui cherchent à nier les cas « d’enfants sauvages ». Certains disent que soit les enfants ont moins de 3-4 ans et ne puvent pas survivre, soit ils ont davantage, mais portent alors la trace de culture. Par conséquent, au sens strict, les enfants « sauvages » seraient une illusion. Cette objection est fausse puisque les enfants ont été recueillis par des animaux, d’où leur survie malgré leur très jeune âge. Les enfants plus âgés ont vu leur développement psychologiques stoppé, voire régressé. Autant de faits qui atteste de la réalité de l’enfant sauvage.

On retrouvent également, au travers des récits de tels cas, de nombreuses similitudes alors que les auteurs ne se connaissent pas : quadrupèdes, mutilité initiale, pas d’instinct sexuel, et souvent l’incapacité de se reconnaître dans un miroir.

Les cas d’isolement sont donc une base de travail fiable pour questionner la nature humaine. Ce sont d’ailleurs des cas inespérés d’expérience sur l’humain, expériences qui seraient au passage atroces si elles avaient été volontairement menées.

Quel est alors la signification de ces cas d’isolement ? Pour LEVI-STRAUSS, ces enfants ont été abandonnés car ils étaient demeurés. MERLEAU-PONTY rétorque qu’on ne peut pas déduire de l’absence de langage le fait qu’ils étaient initialement demeuré. C’est la frustration affective et l’absence de contacts sociaux qui est la véritable cause de l’homo ferus, et non l’inverse. D’ailleurs, leur survie n’est-elle pas une preuve de leur « normalité » ? MALSON invite ici à faire la distinction entre la débilité mentale d’origine organique (maladie) et celle liée à l’absence de milieu social humain. Les enfants sauvages retrouvés feront tous des progrès sur le plan intellectuel et sur celui des affects. En résumé, la thèse de MALSON est que les enfants sauvages sont déficients parce qu’ils sont été sauvages et non sauvages parce qu’ils étaient déficients au départ.

chapitre 3 : Les trois espèces d’homines feri et leurs plus célèbres exemples

Après avoir défendu sa thèse de la construction de la nature humaine et de son absence à l’état naturel, en dehors de la société humaine, MALSON termine son ouvrage par l’analyse de trois cas différents d’homo ferus :

  1. Gaspard Hauser (enfant reclus)
  2. Kamala (enfant animalisé)
  3. Victor de l’Aveyron (enfant solitaire)

***

Gaspard a été retrouvé habillé, portant une lettre de sa mère. Enfermé, il a appris la lecture et l’écriture. Sa mère l’envoie chercher du travail. Son corps est celui d’un homme, mail il a 3 ans d’âge mental. Il se lève et se couche en même temps que le soleil, marche difficilement, aime le pain et l’eau (pas le vin ni la viande : cela s’apprend !), pleure et crie souvent, il a peur de tout. Il connaît 6 mots et une expression en patois. Reclus, cet enfant a donc reçu une éducation minimaliste et n’a développé que très peu de caractéristiques humaines qui nous semblaient pourtant innées…

Recueilli par le professeur DAUMER, il va faire de nombreux progrès sur le plan de l’émotion et des sentiments. Il va même se marier, mais sans éprouver de sentiments amoureux. Il ne se reconnait pas dans le mirorir et a du mal à appréhender la perspective et les distances. Il apprend relativement rapidement, mais conserve une conscience très faible du passé.

***

Amala et Kamala, quant à elles, ont été capturées par le Révérend SINGH en 1920. Ces enfants-loups imitent l’halètement et laissent pendre leur langue : comportement peu humain… mais étrangement proche de celui d’un loup (qui les a recueilli et donc « éduqué » !). Elles sont photophobes et nyctalopes, hurlent à la mort et gémissent. Elles cherchent à s’évader et dorment peu (4 heures). Elles marchent sur les coudes et les rotules et courent très vite sur les mains et les pieds. Autant de comportement « hérités » du loup, autant de faits contre la notion de « nature humaine » au sens inné.

Si Amala meurt en 1921, Kamala sera plus longuement éduquée et étudiée. La motricité s’humanise lentement (marcher à 4 pattes relève de l’absence d’éducation et de contacts humains durant les premières années) : marcher sur 2 pieds s’apprend et n’est pas une caractéristique innée en l’homme. Chaque homme doit réapprendre grâce à sa famille à être bipède. Elle se socialise peu à peu. 3 ans après sa capture, Kamala a même peur la nuit ! Sa sensibilité gustative augmente peu à peu. Surtout, le langage se développe (une cinquantaine de mots à sa mort). Elle n’était donc pas demeurée (argument de fait contra la thèse de LEVI-STRAUSS précédemment énoncée).

La vie affective est donc déterminée par la relation émotionnelle entre l’enfant et sa mère (ou son père !) et la vie intellectuelle par le moment de l’apprentissage du langage. Ce n’est pas parce qu’ils étaient demeurés que ces enfants ont été abandonnés et sont donc sauvages. C’est au contraire parce qu’ils sont sauvages qu’ils n’ont pas pu s’épanouir sur le plan émotionnel et intellectuel.

***

Victor, dans le film inspiré de cas d'enfant sauvage

Victor, dans le film inspiré de cas d'enfant sauvage

Victor, enfin, se lève et se couche également en fonction du soleil, cherche aussi à s’évader et regarde derrière le miroir (car il ne s’y reconnait pas). Il n’a pas d’instinct sexuel à la puberté, présente une analgésie cutané (insensible au chaud et au froid), n’aime pas dormir dans un lit et a l’habitude de tout sentir.

Egalement éduqué après avoir été trouvé, il va petit à petit s’humaniser : il va s’habiller lui-même, tendre son assiette pour être servi. Sa sensibilité affective et sa sensibilité se développent petit à petit, ainsi que son attention. Il apprend peu à peu à parler. Il s’évade de temps en temps, mais éprouve alors de la honte (sentiment lié à l’éducation, et non inné). Il rit quand il est félicité, mais geint quand il est réprimandé. « Au bout de quelques mois Victor perd le statut de l’idiot : il sait saisir le sens des mots, les reproduire sans exemple et indiquer par l’écriture l’essentiel de ses désirs et de ses voeux« . On lui a donc appris à devenir humain, grâce aux contacts sociaux et à l’éducation.

Un extrait du film de TRUFFAUT que je vous recommande pour mieux comprendre ces cas d’isolement, présentés ici de manière théorique :

Conclusion

« L’homme en tant qu’homme, avant l’éducation, n’est qu’une simple éventualité, c’est-à-dire moins, même, qu’une espérance« . Les caractéristiques psychologiques de l’homme (au sens affectif et intellectuel) sont le fruit de l’éducation et non innées. En ce sens, la nature (psychologique) humaine est une illusion si on comprend cette expression au sens strict de « nature », c’est-à-dire de spontané, de naturel, indépendant de la culture. Si l’on souhaite conserver la notion de nature humaine, sans l’abaisser par exemple au tableau dressé par LINNE plus haut, il convient de préciser que la « nature humaine » au sens où on l’entend habituellement, c’est-à-dire au sens psychologique, est purement culturel. Pas d’homme sans éducation, pas d’homme sans appartenance et ancrage social. L’homme naturellement bon de Rousseau, par exemple, est donc une pure fiction.

On perçoit mieux, dès lors, le poids d’autrui et de la société dans l’élaboration de notre « nature ».


 
8 commentaires

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  1. lectrice de passage

    23 avril 2011 à 16:36

    merci pour cet extrait, intéressant et utile…!

     
  2. Cile

    27 juin 2011 à 19:09

    L’enfant in utéro est déjà un personne, donc on peut admettre l’idée d’une nature humaine

    Cile

     
  3. Cile

    27 juin 2011 à 19:39

    Les enfants sauvages ont eu comme référence que animale. S’ils en ont les apparences ou les comportements et n’ont pas pu développer les potentialités humaines, ils ne sont pas des animaux pour autant. Les animaux qui n’ont comme référence que humaine sont désocialisés, mais ne sont pas pour autant des humains. La comparaison n’est pas très valable, je reconnais, mais je n’entre pas dans l’éventualité qu’il n’existe pas de nature humaine.

     
  4. Cile

    11 juillet 2011 à 16:01

    un peu désert ce forum

    un humain peut être déshumanisé, mais un animal ne peut être désanimalisé

     
  5. TPE | Pearltrees

    23 mars 2012 à 0:35

    [...] Les enfants sauvages de Lucien MALSON | Djaphil une rapide introduction de quelques pages qui annonce l’idée essentielle : il n’y a pas de nature humaine chapitre 1 (« l’hérédité de l’individu et l’hérédité de l’espèce ») : il n’y a qu’une hérédité biologique, et non psychologique ; le développement psychologique de l’homme dépend de son inscription en société (acquis) En ce qui concerne la construction de l’ouvrage, voici le découpage adopté par l’auteur : chapitre 2 (« Les compositions légendaires et les relations historiques ») : les cas historiques d’isolement et les débats concernant leur sens Les enfants sauvages : plan chapitre 3 (« Les trois espèces d’homines feri et leurs plus célèbres exemples ») : présentation et analyse des trois cas d’isolement que Lucien MALSON interroge [...]

     
  6. Benjamin Mam

    18 août 2013 à 1:10

    Bonjour,

    D’abord je vous félicite pour ce très beau site qui m’a appris des choses, notamment sur James Rachels : sa théorie de l’équivalence morale est passionnante.

    Par contre cet article fait un peu grincer : on sait aujourd’hui que Victor de l’Aveyron était autiste. Il se balançait de manière compulsive, crispait ses poings sur ses yeux, remarquait difficilement les émotions d’autrui… Les médecins et psychologues contemporains ne croient plus à la thèse de l’enfant sauvage, d’ailleurs assez farfelue psycho-biologiquement.
    Attention aussi à Amala et Kamala dont on sait depuis longtemps qu’elles sont le fruit d’un canular. Les photos les qui les représentent en posture féline sont assez ridicules. Le prêtre a reconnu le coup monté.
    Mais je ne veux pas être chiant : continuez votre beau travail ! C’est super !
    Benjamin, prof de philo en prépa.

     
  7. admin

    18 août 2013 à 11:01

    Bonjour Benjamin,

    Merci pour cette intéressante intervention. Je confirme effectivement que le cas « Amala et Kamala » semble bien être une arnaque.
    Auriez-vous des sources concernant Victor de l’Aveyron ?

    Bonne journée.

     
  8. Ben Mam

    23 août 2013 à 1:51

    Bonjour,

    En ce qui concerne Victor, le cas a toujours été le prétexte à une opposition béhaviorisme et innéisme. Le débat est caricaturalement binaire, mais on lit aujourd’hui dans les revues de médecine, dans des dossiers du magazine Sciences humaines également (numéro spécial « nature/culture », encore en vente sur internet je crois) ou encore dans le livre de Hochmann sur l’histoire de l’autisme, que Victor avait les symptômes d’une maladie alors mal cernée cliniquement et qui serait une modalité de l’autisme.