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Platon, Le Criton – à propos du devoir

16 oct

PlatonLe Criton est une oeuvre dans laquelle Platon aborde une problématique éthique : que doit-on faire ? Quel est le critère de la moralité ? Que doit-on examiner pour juger de la moralité d’une action ? Le Criton retranscrit un dialogue entre le personnage du même nom et Socrate. Le premier rend visite au philosophe à quelques heures de sa mise à mort, lui proposant de s’évader. C’est dans ces circonstances que Socrate va exposer et démontrer par les faits ce qu’est une action morale, selon différentes perspectives : notamment autrui, la cité (les lois notamment), la vérité et l’au-delà.

Criton, l’oiseau de mauvaise augure [43c-44b]

Criton vient donc rendre visite à son ami Socrate pour lui apporter une terrible nouvelle : sa mise à mort doit intervenir dans les prochaines heures. Criton, accablé par cette terrible nouvelle, fait face à un Socrate étonnamment serein : la philosophie ne consiste-t-elle pas à apprendre à mourir, c’est-à-dire purifier l’âme du fardeau que représente le corps durant la vie ?

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L’ontologie de Hans JONAS vue par Carlo FOPPA

07 avr

Carlo FOPPA - l'ontologie de Hans JONAS

Lors de ma maîtrise de philosophie, j’ai été amené à lire un grand nombre de commentateurs de l’oeuvre du philosophe allemand Hans JONAS. Si la littérature qui lui est consacrée est surtout négative et particulièrement critique, certains proposent des analyses plus fines, par exemple Carlo FOPPA ou encore Paul RICOEUR. Concernant ce premier, je vous conseille notamment « L’ontologie de Hans JONAS à la lumière de la théorie de l’évolution« , que l’on peut trouver dans l’ouvrage collectif Nature et descendance, Hans Jonas et le principe « Responsabilité » (Dennis Müller et René SIMON éd.).

Pour rappel (Cf. articles précédemment publiés et notamment mon mémoire), Hans JONAS défend une ontologie moniste, notamment au travers de la théorie de « l’affirmation de l’être », mise en exergue au travers du vivant et du métabolisme. Tentant de réintroduire le finalisme dans la compréhension du vivant, Hans JONAS semble alors tenir un discours en opposition avec le discours scientifique : « Il est évident qu’une telle démarche n’est pas sans risques, et surtout que Jonas devient, ce faisant, la cible des scientifiques, qu’ils soient ou non positivistes« . La problématique est alors la suivante : peut-on concevoir le vivant selon une perspective téléologique, sans cependant être en contradiction avec les sciences, et notamment la biologie ?

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Hans Jonas : Générations futures et populations actuellement damnées – Des solutions pratiques pour développer notre responsabilité

13 sept

Hans Jonas - Principe responsabilitéLes pôles de contestation du système de fonctionnement économique de nos sociétés, qu’il s’agisse d’organisations ou d’associations, sont de plus en plus présents sur la scène publique. Nous ne pouvons que nous réjouir de cela et de toutes les entreprises humaines qui ont pour but d’améliorer les conditions de la vie humaine et qui adoptent une attitude responsable. Cependant, la mobilisation en faveur des populations en détresse et des générations futures est loin d’être générale dans nos sociétés capitalistes. Nous nous interrogerons donc sur les moyens qui peuvent permettent à nos sociétés de se mobiliser davantage et d’adopter une attitude critique à l’égard de leur propre mode d’existence.

Mais avant cela, nous dresserons une liste de mesures politiques nécessaires pour préserver les générations à venir et venir en aide aux générations damnées. Etant donné la complexité des problèmes abordés, nous ne prétendons pas être exhaustifs. Cependant, il nous semble important de nous interroger sur les alternatives possibles au libéralisme tel que nous le connaissons actuellement.

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Hans Jonas : Générations futures et populations actuellement damnées – Les raisons de notre irresponsabilité

13 sept

Hans Jonas - Principe responsabilitéNous avons vu en quel sens nous pouvons penser que notre système économique n’est pas acceptable : tant d’un point de vue écologique que d’un point de vue humanitaire nous ne pouvons nous en satisfaire. Pour ces raisons, nous devons penser à un nouvel ordre économique mondial tenant compte des ressources naturelles et prenant en considération la dignité de la vie humaine. La dimension d’une telle économie ne peut être que mondiale, du fait de la dissémination des ressources nécessaires pour la vie à travers tout le globe et du fait de l’universalité de la valeur de la vie humaine.

Cependant, il semble que la plupart d’entre nous s’est résignée à l’idée du bien-fondé des inégalités et de l’extrême pauvreté d’une partie importante de la planète, et se satisfait de l’économie et de la politique actuelles de nos sociétés. La plupart d’entre nous ne se sent tout simplement pas responsable du problème des populations damnées. Nous savons qu’à l’autre bout de la planète des êtres humains meurent chaque jour par milliers, mais nous continuons pourtant à évoluer, comme si de rien n’était, dans le confort de nos sociétés. Nous continuons d’acheter des voitures suréquipées, des ordinateurs en constante évolution, des vêtements à la mode…etc.

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Hans Jonas : La responsabilité envers les générations futures – La réalité de la menace technologique

13 sept

Hans Jonas - Principe responsabilitéNous avons évoqué le fait que les sciences ne doivent se soumettre à la morale que dans la mesure où elles pénètrent la réalité : Jonas ne s’oppose pas aux sciences en elles-mêmes mais aux nouvelles technologies issues d’elles qui, du fait de leur utilisation massive, mettent en danger la possibilité d’une existence future de l’humanité. En outre, il ne s’agit pas de refuser toutes les inventions technoscientifiques. Certaines sont, pour certains d’entre nous, désormais indispensables pour continuer à vivre.

Nous pourrions penser que la véritable menace que fait peser la technique sur l’humanité est le nucléaire. Les centrales nucléaires, les usines de retraitement, si elles venaient à connaître des avaries sérieuses ou à être l’objet d’attentat, seraient la cause d’une destruction au moins importante, si ce n’est totale, de l’humanité. L’autre menace que le nucléaire fait peser sur nous aurait des conséquences tout autant dramatiques : nous évoquons ici à la possibilité d’une guerre mondiale atomique qui, si elle était à grande échelle, aboutirait sûrement à l’extinction de l’homme.

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Hans Jonas : La responsabilité envers les générations futures – Le sentiment de responsabilité

13 sept

Hans Jonas - Principe responsabilitéNous avons vu, jusqu’à présent, que l’existence d’une humanité future, véritablement humaine, est une obligation pour l’homme. La vie humaine a plus de valeur que sa disparition, notamment du fait de la capacité de l’homme à être responsable. Les dirigeants politiques, à qui s’adresse prioritairement Jonas, doivent donc permettre la présence d’hommes sur Terre dans un futur indéterminé. Le principe éthique auquel, en dernière instance, ils doivent confronter leurs décisions est énoncé à plusieurs reprises dans l’ouvrage majeur de Jonas. L’une des formulations possibles de ce principe est la suivante :

« jamais l’existence ou l’essence de l’homme dans son intégralité ne doivent être mises en jeu dans les paris de l’agir » (JONAS, Le principe…, op. cit., p.84. ).

Mais il peut encore être exprimé ainsi :

« Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la Permanence d’une vie authentiquement humaine sur terre » (idem, p.40.).

Ou bien encore :

« Inclus dans ton choix actuel l’intégrité future de l’homme comme objet secondaire de ton vouloir »(idem.). Nous en avons vu les fondements (biologiques et métaphysiques) auparavant.

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Hans Jonas : La responsabilité envers les générations futures – humanité et valeur

13 sept

Hans Jonas - Principe responsabilitéLa présence de fins dans la nature est l’un des piliers de l’éthique de la responsabilité, elle en est un fondement nécessaire. Pour soutenir la nécessité de préserver l’existence de l’homme (mise en danger par notre immense pouvoir technologique) dans la nature, Jonas doit auparavant montrer que la vie est une fin en soi que poursuit l’être. A partir de cette immanence des fins dans l’être, dont la vie fait partie, Jonas conclut que préserver l’humanité d’une disparition prématurée constitue un devoir pour l’homme. Mais cette conclusion n’est pas immédiate. Cela suppose de savoir pourquoi quelque chose doit être plutôt que rien, c’est-à-dire de faire un détour par Leibniz.

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Hans Jonas : Les fondements biologiques de l’éthique de la responsabilité – Monisme et spécificité humaine

13 sept

Hans Jonas - Principe responsabilitéPour conclure notre première analyse concernant l’interprétation finaliste de la biologie par Hans Jonas, nous abordons maintenant plus en détail la conception moniste de la vie qui en découle. Il s’agira de voir en quoi cette conception permet d’attribuer à l’homme un statut unique dans la diversité de l’évolution, tout en maintenant cependant une continuité avec le reste du vivant.

Nous avons vu auparavant que concevoir la conscience comme le propre de l’homme est un tour de force que réussit Descartes (nous en avons vu le prix). Contre cette prémisse des sciences de la nature, Jonas défend, en s’appuyant sur Darwin, une continuité entre l’homme et les autres êtres vivants. Cette continuité se traduit par des degrés de conscience, à l’instar de Leibniz, et par l’élargissement du règne de la finalité. Sa conception de la vie est donc moniste, dans le sens où, grâce au concept de continuité, elle est conçue comme un tout qui ne comprend pas de saut ou de rupture mais est au contraire marqué par l’unité, y compris celle de la conscience et de la nature.

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Hans Jonas : Les fondements biologiques de l’éthique de la responsabilité – Critique du dualisme cartésien

13 sept

Hans Jonas - Principe responsabilitéLa connaissance scientifique s’inscrit dans l’alternative matérialiste de ce dualisme d’origine cartésienne que nous venons d’esquisser. En un sens, le présupposé à la base, entre autres, de la biologie est que le vivant est uniquement déterminé par des réactions chimiques et des lois physiques. C’est là le principe d’objectivité des sciences de la nature, et ce qui a permis leur essor depuis le XVIIème siècle. Par définition, les sciences modernes recherchent les lois causales qui régissent l’univers. Elles cherchent les causes prochaines qui provoquent les phénomènes qu’elles tentent d’expliquer. Un scientifique « doit croire à la science, c’est-à-dire au déterminisme, aux rapports absolus et nécessaires des choses, aussi bien dans les phénomènes propres aux êtres vivants que dans les autres » (Claude BERNARD, Introduction à l’étude de la médecine expérimentale, Paris, librairie Ch. Delagrave, 1900 (2ème édition)). Cette façon de procéder leur permet de les expliquer, mais surtout de les prévoir et de pouvoir intervenir sur la nature, les hommes s’en rendant alors « comme maîtres et possesseurs » (René DESCARTES, Discours de la méthode, 6ème partie. ). N’oublions pas en effet que si la science peut être elle-même un but louable, elle est aussi une recherche orientée par et vers la pratique : elle est une fin en elle-même, mais elle se traduit aussi dans la pratique par des inventions et des découvertes qui visent l’amélioration de notre condition.

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Hans Jonas : Les fondements biologiques de l’éthique de la responsabilité – Biologie et mécanisme

13 sept

Hans Jonas - Principe responsabilitéJonas, pour défendre sa conception téléologique du vivant, prend pour fondement la théorie Darwinienne de l’évolution, dans le sens où c’est à partir d’acquis du Darwinisme qu’il élabore une philosophie de la biologie. Nous avons soulevé auparavant l’apparente contradiction qu’il y a ici entre le fondement de sa réflexion et les conclusions interprétatives qu’il en tire : le problème est celui du rapport entre mécanisme et finalisme. Est-il vrai que l’instauration du premier dans l’explication du vivant proscrit désormais tout usage de la téléologie pour saisir ce qu’est la vie ? En introduisant le concept de « sélection naturelle » pour l’explication du vivant et de sa diversité, Darwin semble en tout cas rendre inutile l’usage de causes finales.

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