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	<title>Djaphil &#187; pensée</title>
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		<title>Les réductionnismes scientifiques</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Dec 2010 00:34:38 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Le thème du jour sera le réductionnisme (scientifique). Pourquoi aborder ce thème ? Tout simplement parce qu&#8217;à la suite de mon billet consacré aux atomes et à la question de leur existence (Cf. http://djaphil.fr/sujets/les-atomes-existent-ils-rapport-entre-sciences-et-monde-296), le réductionnisme s&#8217;est avéré à chaque fois être le coeur du problème dans les très nombreux échanges partant du billet en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
<a href="http://djaphil.fr/sujets/les-reductionnismes-scientifiques-399/attachment/charles_nicolle_at_microscope-3" rel="attachment wp-att-443"><img class="alignleft size-medium wp-image-443" title="Scientifiques et réductionnisme" src="http://djaphil.fr/wp-content/uploads/2010/12/Charles_Nicolle_at_microscope-300x205.jpg" alt="Scientifiques et réductionnisme" width="300" height="205" /></a>Le thème du jour sera le réductionnisme (scientifique). Pourquoi aborder ce thème ? Tout simplement parce qu&#8217;à la suite de mon billet consacré aux atomes et à la question de leur existence (Cf. <a title="http://djaphil.fr/sujets/les-atomes-existent-ils-rapport-entre-sciences-et-monde-296" href="http://djaphil.fr/sujets/les-atomes-existent-ils-rapport-entre-sciences-et-monde-296" target="_blank">http://djaphil.fr/sujets/les-atomes-existent-ils-rapport-entre-sciences-et-monde-296</a>), le réductionnisme s&#8217;est avéré à chaque fois être le coeur du problème dans les très nombreux échanges partant du billet en question.</p>
<p style="text-align: justify;">Il s&#8217;agira donc de définir le réductionnisme et de montrer en quel(s) sens il s&#8217;avère être, dans certains cas, une illusion métaphysique, du moins une <strong>thèse métaphysique</strong> que ses partisans ne voient que très rarement comme telle.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-399"></span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Qu&#8217;est-ce que le réductionnisme ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le réductionnisme, c&#8217;est le fait de <strong>réduire l&#8217;explication des choses, du monde au plus simple, au plus élémentaire</strong> : on pourrait ainsi expliquer le monde et les différents évènements grâce au <strong>niveau d&#8217;organisation le plus élémentaire</strong>. Dans ce cadre, la pensée, par exemple, peut être expliquée suffisamment par son organe, le cerveau, et, au coeur de celui-ci, par les échanges électriques au niveau des éléments physiques. C&#8217;est notamment la thèse de J-P CHANGEUX, in <strong>L&#8217;homme neuronal</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">In fine, <strong>la physique</strong> serait la science suprême, la seule autorisée à prononcer un discours cohérent et sensé sur le monde et tout ce qu&#8217;il contient. Tout peut se réduire à de la matière et donc à une explication physico-chimique. Et cette explication physico-chimique permet de rendre compte de tout phénomène de manière suffisante. Si nous n&#8217;y parvenons pas encore dans certains domaines, c&#8217;est juste une question de temps avant d&#8217;avoir une connaissance suffisante.</p>
<p style="text-align: justify;">Pierre Jacob exprime ainsi cette croyance : cela revient à penser que &laquo;&nbsp;<em>tous les phénomènes chimiques, biologiques, psychologiques, linguistiques, culturels et sociologiques sont des phénomènes physiques qui obéissent aux lois fondamentales de la physique</em>&nbsp;&raquo; (<strong>Esprit et cerveau</strong>). Cette thèse est celle dite du <strong>physicalisme, </strong>mais assi dans une certaine mesure du<strong> matérialisme.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nous allons voir que cette thèse peut se comprendre selon plusieurs perspectives gnoséologiques</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Réductionnisme méthodologique</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Réduire les phénomènes à du physico-chimique, analyser le monde en le décomposant en briques élémentaires est la méthode même des sciences dures. C&#8217;est grâce à cette méthode que leur objet s&#8217;est précisé, affiné et que les conséquences pratiques (techno-sciences) peuvent rythmer notre quotidien.</p>
<p style="text-align: justify;">Il s&#8217;agit, d&#8217;un point de vue épistémologique, de &laquo;&nbsp;remonter&nbsp;&raquo; à des principes simples pour mieux expliquer le monde dans sa complexité. La réductionnisme, en ce sens, consiste à simplifier le monde et son apparence pour en élaborer une connaissance scientifique qui permet, entre autre, d&#8217;agir sur celui-ci pour &laquo;&nbsp;s&#8217;en rendre comme maître et possesseur&nbsp;&raquo; (Descartes, <strong>Discours de la méthode</strong>).</p>
<p style="text-align: justify;">Nous obtenons donc ici la définition suivante du réductionnisme : <strong>c&#8217;est une méthode, la méthode scientifique par excellence, qui consiste à réduire les phénomènes à des objets physico-chimiques dont nous pouvons expliquer les interactions grâce à un nombre limité de principes et de lois</strong>. C&#8217;est une méthode qui permet d&#8217;<strong>organiser le réel</strong> afin de pouvoir <strong>produire des explications</strong>, <strong>élaborer des prédictions</strong> et <strong>agir sur la nature avec une puissance gigantesque</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce réductionnisme peut être qualifié d&#8217;<strong>heuristique</strong> : il permet de générer de nouvelles connaissances, d&#8217;en augmenter la portée&#8230; etc.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Il ne sera pas question, dans ce billet de critiquer ce réductionnisme</strong> puisqu&#8217;il s&#8217;agit de l&#8217;essence même des sciences dures : critiquer le réductionnisme méthodologique ou épistémologique reviendrait à s&#8217;opposer aux sciences dures. Restons rationnels !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Réductionnisme ontologique</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Outre ce premier réductionnisme, on trouve un second réductionnisme que l&#8217;on confond malheureusement à tort avec le premier : le <strong>réductionnisme ontologique</strong>. Nous avons vu avant que le réductionnisme méthodologique est, comme son nom l&#8217;indique, une méthode pour développer des connaissances de la nature. Mais nous n&#8217;avons pas confondu <strong>méthode et réalité</strong>. Cette confusion, c&#8217;est l&#8217;erreur que commet le réductionnisme ontologique.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour ce dernier, le monde est <em>réellement</em> constitué des briques élémentaires et des relations élémentaires que l&#8217;on a &laquo;&nbsp;découvert&nbsp;&raquo; avec les sciences dures. Pour ce second réductionnisme, les sciences physiques et chimiques nous décrivent le monde de manière neutre, objective : elles nous donnent à voir le monde tel qu&#8217;il est essentiellement. <strong>Au fond, le monde est physique. Surtout, il n&#8217;est QUE physique.</strong> Nous croyons à tort que le monde est complexe, mais la science nous permettrait d&#8217;apercevoir le coeur même du monde : les atomes et les différentes lois physiques.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Cette position n&#8217;est pas, en tant que telle, scientifique mais&#8230; métaphysique</strong>. Rien, dans les sciences, ne permet de dire que le monde se limite aux objets qu&#8217;elles considèrent. C&#8217;est une erreur de se croire scientifique quand on est réductionniste au sens ontologique : on défend au contraire déjà une vision métaphysique du monde.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Conséquences du réductionnisme ontologique</strong></p>
<p style="text-align: justify;">A priori, un réductionniste ontologique aura tendant à défendre une <strong>conception déterministe du monde.</strong> Puisque tout est physique, puisque, par ailleurs, le réel est régi par des lois universelles que mettent au jour les sciences dures, alors tout est, en théorie, prévisible. Un événement peut toujours s&#8217;expliquer par un événement antérieur dont il découle selon une relation de causalité déterminée et connaissable. Un événément physique mais aussi un événement concernant la vie de l&#8217;esprit aura toujours une cause physique antérieure. Selon ce réductionniste, il sera à terme possible d&#8217;expliquer par la physique le fonctionnement du cerveau, organe de la pensée humaine. Pour un tel réductionniste, une pensée n&#8217;est explicable, par exemple, qu&#8217;en tant qu&#8217;état physico-chimique du cerveau. Intimement, le monde de la pensée n&#8217;est que physico-chimique. Et si, finalement, tout comportement, toute idée pouvaient être expliqués par la seule physique ? Doux mais inquiétant rêve d&#8217;un total déterminisme du monde des représentations. Fantasme au combien révélateur d&#8217;une approche unifiante et unifiée de la réalité.</p>
<p style="text-align: justify;">Découlant de la remarque précédente, <strong>la suppression de la notion de liberté </strong>accompagne ce réductionnisme : la liberté n&#8217;est qu&#8217;une illusion, conséquence de notre connaissance pour l&#8217;instant imparfaite des lois physique de la pensée. Si le réductionniste est conséquent, il nie la valeur intrinsèque de l&#8217;art et l&#8217;utilité d&#8217;activités telles que la politique. De même, la morale n&#8217;a plus d&#8217;intérêt. Seule la physique explique et, finalement, justifie les comportements et choix humains.</p>
<p style="text-align: justify;">Le réductionniste, on le voit, établit une <strong>échelle de valeur dans l&#8217;ordre de la connaissance et des activités humaines</strong> : toute autre science que la physique est dévalorisée (comme approche épistémique). Remarquons d&#8217;ailleurs ici le fréquent dédain pour la philosophie, discipline abstraite, sans argument réels, c&#8217;est-à-dire&#8230; physiques. Tout autre activité que les sciences dures est finalement dépréciée.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Epistémologiquement et ontologiquement, le réductionniste est moniste</strong> : pour lui la réalité est une (monisme ontologique), pour lui la science légitime est une et prend la forme de la physique (monisme épistémologique).</p>
<p style="text-align: justify;">On le voit, <strong>le réductionniste réduit finalement&#8230; le monde lui</strong><strong>-même</strong>. Si tout se réduit à la physique, la réalité humaine notamment implose littéralement. Le réductionniste ne comprend pas l&#8217;art, il ne comprend pas le monde humain en général (s&#8217;il est cohérent avec sa théorie métaphysique).</p>
<p style="text-align: justify;">La liste des conséquences contre-intuitives de ce réductionnisme est longue. Nous la laisserons arbitrairement en l&#8217;état.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Critique du réductionnisme ontologique</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Quasi systématiquement, ce réductionniste va justifier sa thèse par une exigence scientifique et par la méthode même de la science : il faudrait selon lui n&#8217;analyser le monde que par le prisme des sciences dures. Mais le réductionniste fait un saut non scientifique, encore une fois, en étendant son réductionnisme au-delà de la sphère de la méthode. Ce faisant, <strong>il se contredit lui-même puisque cherchant à n&#8217;être que scientifique, il en vient à adopter une position métaphysique qui n&#8217;est pas démontrée ni démontrable par la science elle-même</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Bien souvent, il aura recours à l&#8217;<strong>argument du rasoir d&#8217;Okham</strong> (&laquo;&nbsp;<em>pluralitas non est ponenda sine necessitate</em><em>&nbsp;&raquo; ) </em>pour justifier son physicalisme et le fait de réduire le monde aux seules entités physiques. Mais ce principe est appliqué en dehors de la sphères des sciences (discours se voulant ontologique, décrivant le monde dans son essence) avec, cependant, un sens scientifique. Bien évidemment qu&#8217;il faut privilégier les explications simples en sciences et éviter les théories ad hoc (Cf. en contre-exemple le phlogistique). Mais le principe n&#8217;a aucune portée ontologique, seulement une portée logique.</p>
<p style="text-align: justify;">Une autre critique, plus importante, consiste à rappeler que dans de très nombreux cas, <strong>le tout n&#8217;est pas la somme des parties</strong>. Autrement dit, il est faux de penser que l&#8217;analyse et la réduction à des briques élémentaires permet d&#8217;expliquer le monde et les phénomènes. Ce n&#8217;est pas parce que la pensée a, bien évidemment, un pré-requis physique (le cerveau , les neurones, les échanges électriques&#8230;) qu&#8217;une explication physique est suffisante et satisfaisante. Expliquer les représentations humaines n&#8217;a aucun sens pertinent si l&#8217;on en reste à l&#8217;échelle physique. L&#8217;esprit humain est un objet d&#8217;étude scientifique (au sens de sciences dures). Mais c&#8217;est AUSSI un objet des sciences humaines. Il suffit de regarder (si l&#8217;on reste dans les sciences dures) la biologie pour se rendre compte que la prise en compte d&#8217;une échelle plus globale (et pas seulement atomique) est nécessaire dans bien des cas, notamment à l&#8217;échelle macroscopique. Du nouveau peut apparaître avec les systèmes d&#8217;organisation complexe.</p>
<p style="text-align: justify;">La pensée en est un parfait exemple. Bien sûr que la pensée présuppose le cerveau et son fonctionnement explicable en termes physiques, mais à cette échelle d&#8217;organisation, l&#8217;approche purement physique manque la complexité du réel en le réduisant en des briques physiques élémentaires. A côté de la physique, nous pouvons analyser la pensée grâce aux approches sociologiques, philosophiques, psychologiques&#8230; Nous ne rentrerons pas ici dans le détail des arguments concernant la causalité de la pensée sur le corps et vice-versa. Descartes s&#8217;y était déjà cassé les dents. Nous n&#8217;avons certainement pas les outils conceptuels adéquats pour penser de manière unifiée et satisfaisante la complexité du réel.</p>
<p style="text-align: justify;">Soyons honnêtes : ll faut faire preuve de débilité (au sens étymologique) pour prétendre apporter une explication suffisante de la morale, de l&#8217;esthétique ou de la pensée par la seule physique. C&#8217;est non seulement une position non scientifique, mais surtout <strong>une thèse arrogante et méprisante</strong>. A l&#8217;inverse, c&#8217;est une preuve d&#8217;ouverture d&#8217;esprit que d&#8217;accepter le réductionnisme méthodologique comme nécessité pour les sciences, à côté des autres approches du réel. J&#8217;oserai la thèse suivante : le réductionniste ontologique ignore le sens de l&#8217;art ou de la morale lorsqu&#8217;il prétend en rendre compte par la seule physique. Il fait l&#8217;explication de ce qu&#8217;il croit (à tort) être la morale et l&#8217;art. Mais il ne fait aucunement une explication de ce qu&#8217;est l&#8217;art et la morale selon un approche intellectuellement suffisante.</p>
<p style="text-align: justify;">Et si la <strong>présence croissante de l&#8217;informatique </strong>dans nos sociétés était finalement l&#8217;une des causes de l&#8217;importance croissante de ce genre de théories, devenant finalement le paradigme illusoire de la pensée humaine ? A force de parler d&#8217;intelligence artificielle et de déléguer une part importante de notre travail aux machines, on en est venu à une <strong>mé-compréhension de la pensée et à une simplification</strong>, une réduction simpliste de celle-ci. <strong>La pensée ne serait que ratiocination, calcul</strong>. Un ordinateur pourrait finalement à terme reproduire le mécanisme de l&#8217;intelligence humaine et de ses différentes productions. Cette thèse (que l&#8217;on retrouve par exemple dans le computationnalisme) part d&#8217;une compréhension erronée de l&#8217;homme car simplificatrice à l&#8217;extrême.</p>
<p style="text-align: justify;">Finalement, si le réductionnisme est fortement heuristique, il devient <strong>dangereux et appauvrissant</strong> lorsqu&#8217;on l&#8217;applique en dehors de sa sphère légitime. Souscrire au réductionnisme ontologique, c&#8217;est construire un monde humain bien terne et intellectuellement très pauvre. C&#8217;est très certainement rassurant pour le réductionniste ontologique : il pense avoir saisi la susbtantifique moëlle de l&#8217;univers et s&#8217;y accroche comme à une bouée au milieu de l&#8217;océan. Il conviendrait néanmoins d&#8217;interroger les raisons qui peuvent expliquer un tel attachement au savoir scientifique, une telle force de la croyance en la Vérité scientifique.</p>
<p style="text-align: justify;">Quoi qu&#8217;il en soit, le réductionnisme ontologique constitue <strong>un mythe</strong> auquel l&#8217;être humain peut être tenté de s&#8217;attacher au cours de sa vie intellectuelle. Des pensées telles que celle de Friedrich NIETZSCHE ou d&#8217;Edgar MORIN s&#8217;avèreront bénéfiques pour se diriger au contraire vers une approche non simplicatrice et démystifiante du réel dans sa complexité.</p>
<p style="text-align: justify;">
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		<title>Peut-on penser sans langage ?</title>
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		<pubDate>Sat, 13 Sep 2008 17:50:49 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Le concept de « pensée » possède au moins deux acceptions majeures. Au sens strict, c’est la pensée intellectuelle, passant par les idées, par les concepts, par les mots : c’est le jugement. Au sens large, la pensée désigne tout phénomène conscient, comme par exemple l’imagination ou encore la perception. D’un côté, toute pensée semble passer [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-full wp-image-510" style="text-align: -webkit-auto; border-style: initial; border-color: initial;" title="langage et pensée : peut-on penser sans langage ?" src="http://djaphil.fr/wp-content/uploads/2008/09/langage-et-pensée.jpg" alt="langage et pensée : peut-on penser sans langage ?" width="142" height="109" /></div>
<p style="text-align: justify;"><span class="lettrine">L</span>e concept de « pensée » possède au moins deux acceptions majeures.</p>
<p style="text-align: justify;">Au sens strict, c’est la pensée intellectuelle, passant par les idées, par les concepts, par les mots : c’est le jugement.</p>
<p style="text-align: justify;">Au sens large, la pensée désigne tout phénomène conscient, comme par exemple l’imagination ou encore la perception.</p>
<p style="text-align: justify;">D’un côté, toute pensée semble passer nécessairement par le langage, mais de l’autre, elle semble facilement ne pas toujours emprunter la voie du langage pour se réaliser. Mais doit-on se satisfaire d’une telle dichotomie ?</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-53"></span></p>
<p style="text-align: justify;">N’y a-t’il pas tout d’abord des formes d’intellections non conceptuelles, dont l’intuition intellectuelle semble être un parfait exemple ? Le langage n’est-il alors qu’un simple instrument de la pensée (puisqu’ici la langage semble excèder celle-ci) ? Celle-ci serait alors indépendante, antérieure, voire plus large que le langage par lequel elle s’eprime. Le langage n’est-il pas au contraire une condition nécessaire de la pensée, c’est-à-dire ce sans quoi il n’y a de pensée, d’une part communiquée (c’est évident), d’autre part solitaire (semble moins évident). C’est ici entre autre le problème de l’inéffable : existe-t’il de l’indicible néanmoins pensé ? D’autre part, si la pensée comprise comme l’ensemble de la vie consciente, psychique semble bien pouvoir se passer d’un langage, n’est-ce pas une apparence trompeuse ? Des opérations de l’esprit comme l’imagination ou la perception sont-elles vraiment « sans langage » ? Et si ces opérations avaient un langage, ne serait-ce pas en un sens plus large que celui de la pensée conceptuelle ?</p>
<p style="text-align: justify;">Quel est donc le rapport entre la pensée et le langage : est-il extérieur, accidentel, ou au contraire constitutif ? Bref : peut-on penser sans langage ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>I-La pensée indépendante du langage</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="lettrine">L</span>a thèse selon laquelle il serait possible de penser sans langage revient entre autre à considérer le langage comme un simple instrument de la pensée. La pensée est alors ici une réalité préexistante, antérieure, dont le langage se fait simple médiateur. En ce sens la pensée conceptuelle, passant par des mots ne serait qu’une espèce du genre pensée, ce ne serait qu’une forme, restreinte, qu’elle peut prendre. La pesnée serait du spirituel, de l’immatériel qui peut se matérieliser avec la langage ou bien rester immatérielle. On en arrive alors par exemple au problème de l’adéquation du langage avec la pensée qu’elle doit exprimer : la langage est-il un bon interméiaire ? La pensée ne se fait-elle pas en quelque sorte en dépit du langage, dans le sens où les mots, les concepts, les langues ne seraient que des outils imparfaits pour la matérialisation et la transmission de la pensée ? Le fait que l’on cherche parfois nos mots peut par exemple être intéprèté en faveur de cette thèse, du moins en faveur de la thèse selon laquelle la pensée serait antérieure au langage, celui-ci extérieur à celle-là.</p>
<p style="text-align: justify;">Certains philosophes ont souligné les limites de la pensée conceptuelle, c’est-à-dire les limites du concpet pour exprimer au moins certaines formes de pensée. Bergson a par exemple mis en exergue l’impossibilité de saisir conceptuellement ce qu’est la vie, e tnotamment sa forme la plus élevée qu’est la vie consciente, du fait d’une sorte de raideur des concepts. Notre existence est profondément temporelle. Il s’agit de ressaisir en deça de toute activité consciente la vie de l’esprit comme durée, flux. Saisir ce flux temporel, cest saisir quelque chose de toujours identique en moi, c’est atteindre une vérité. Cette vérité est saisie par une intuition, c’est-à-dire ici une vision de soi par soi : cette intuition intellectuelle peut être comprise comme le contact immédiat entre la pensée et son objet, sans le passage par l’intermédiaire d’un concept. Ce qui signifie que l’accès à cette vérité que notre vie consciente est profondément durée se fait par un mouvement qui va contre l’intellect et s’enracinne dans le vouloir, comme si la volonté se retournait sur elle-même. C’est un acte de l’esprit, donc en ce sens il existerait une pensée non conceptuelle, prenant ici la forme de l’intuition intellectuelle. Tout le problème est alors de dire, de communiquer cette durée, car elle est au-delà du langafe. La pensée conceptuelle montre ici ses limite. En un sens, notre durée est quelque chose d’inéffable, d’indicible : il y a ici une inadéquation entre la pensée intuitive et le langage. Mais on peut tout de même en faire une monstration, une description. C’est ce que ait Bergson, souvent par des formules négatives et limitatives, mais également par des métaphores comme « mélodie », « organisme »&#8230; C’est comme s’il tentait d’encercler l’objet de son intuition sans pouvoir le montrer directement. Ainsi, chez Bergson, d’une part, il existe de la pensée non concpetuelle, qui n’est pas médiatisée par le langage, et, d’autre part, la communicationde cette intuition ne peut se faire qu’imparfaitement, comme le prouve l’emploi de métaphores et de descriptions négatives. Il y aurait donc des formes de pensée intellectuelle sans langage.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, à côté de ce sens de la restreint de la pensée, il est possible de mettre en avant un sens bien plus large, que l’on retrouve par exemple chez Descartes, pour qui la pensée peut être comprise comme l’ensemble des phénomènes de la vie consciente. Dans les <span class="souligne">Réponses aux secondes objections</span>, Descartes propose cette définition de la pensée : « <span class="citation">Par le nom de pensée, je comprends tout ce qui est tellement en nous que nous en sommes immédiatement conscients. Ainsi toutes les opérations de la volonté, de l’entendement, de l’imagination et des sens sont des penséees </span>». La pensée, c’est donc ici ce dont on est immédiatement conscient. L’imagination fonctionne par images, représente des choses par le biai d’images. Il semble douteux qu’en imaginant on pense avec le langage, du moins si l’on considère celui-ci comme la faculté de communiquer la pensée par un système de signes. On peut traduire le contenu de l’imagination par le langage, mais elle n’est pas elle-même un langage. De même la perception semble bel et bien se passer d’un langage.</p>
<p style="text-align: justify;">Par conséquent, la pensée semble bien pouvoir se passer du langage, ce qui revient à considérer celui-ci comme un simple instrument, et la pensée comme antérieure et plus vaste que le langage. L’intuition peut apparaître comme une forme de pensée non conceptuelle dont on ne peut que difficilement rendre compte par langage : il faut par exemple utiliser des descriptions indirectes. La possibilité d’une pensée indépendante du langage apparaît encore plus nettement si l’on adopte un sens large de la pensée. Mais ce rapport instauré entre le langage et la pensée est-il satisfaisant ? Ne faut-il pas, notamment, restreindre le sens de « pensée » et préciser le sens de ce concept ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>II-Pensée intellectuelle et nécessité du langage</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="lettrine">I</span>l est possible de limiter le concept de « pensée », de le faire ainsi coïncider avec l’activité conceptuelle. Pour Kant, par exemple, la pensée est une activité de l’entendement, une activité de liaison qui produit l’unité dans des jugements et des concepts, dans des raisonnements. Penser revient alors à déterminer conceptuellement un donné. Comme il le dit dans la première section (De l’usage logique de l’entendement en général) de L’analytique transcendantale de la <span class="souligne">Critique de la raison pure</span>, l’entendement utilise le concpet pour réunir diverses représentations sous une représentation commune. Par ces concepts, l’entendement pose des jugements, c’est-à-dire a des connaissances médiates d’un objet. Soit le jugement «<span class="citation">tous les corps sont divisibles, le concept du divisible se rapporte à divers autres cocnepts ; mais, entre eux, il se rapporte particulièrement à celui de corps, lequel à son tour, se rapporte à certains phénomènes qui se présentent en nous. Ainsices objets sont médiatement représentés par le concept de la divisibilité. Tous les jugements sont donc des fonctions qui consistent à ramener nos représentations à l’unité, en substituant à une représentation immédiate une représentation plus élevée qui contient la première avec beaucoup d’autres, et qui sert à la connaissance de l’objet, de sorte que beaucoup de connaissances possibles se trouvent réunies en une seule </span>». Penser revient donc à réunir des représentations diverses sous des représentations plus élevées, à unifier le divers de l’intuition sous des concepts de l’entendement. Mais il reste alors le problème de savoir s’il n’existe pas à côté de cette conncaissance concpetuelle une autre forme de connaissance : on en revient au problème de l’intuition intellectuelle. Autrement dit, peut-on admettre l’existence de l’intuition intellectuelle ? Si des philosophes comme Bergson, Platon, Aristote ou encore Descartes en défendent l’existence, on peut soutenir que c’est un processus obscur, mystérieux, que c’est un concept flou. On peut, à l’instar de Kant, en faire la critique.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous ne pouvons pas connaître les choses en soi, les noumènes : seule la conaissance des phénomènes est possible. La connaissance huamine, qui est fini, supppose la coopération de deux facultés : la sensibilité (réceptive) et l’entendement (actif). La sensibilité fournit la matière de la connaissance, alors que l’entendement fournit les concepts, c’est-à-dire la forme : « <span class="citation">toute connaissance commence par l’intuition mais ne s’y réduit pas </span>», elle doit être subsumée sous des concepts. D’où la célèbre phrase de Kant : « <span class="citation">Les idées sans contenu sont vides, les intuitions sans concepts sont aveugles </span>» (introduction de La Logique transcendantale), ou encore : « <span class="citation">L’entendement ne peut rien intuitionner, les sens ne peuvent rien penser </span>». Il n’y a donc pas d’intuition intellectuelle, même pas par rapport au moi : on n’a pas d’intuition de soi (ce qui s’oppose à la thèse de Descartes). Il y a bien chez kant un rôle de l’intuition intellectuelle, mais simplement heuristique : elle s’intègre à l’architechtonique de la raison de l’homme, comme succédané d’une connaissance qui ne nous est pas accessible. C’est l’entendement archétypique, qu’il faut distinguer de l’entendement ectype (qui lui n’a qu’une intuition sensible) : voir la lettre à Markus Herz du 21 fevrier 1772. Autrement dit, l’intuition intellectuelle n’existe pas : ce n’est que l’archétype d’une pensée idéale, d’ordre divin. Puisque l’intuition intellectuelle n’existe pas, il n’y a donc de pensée que conceptuelle, donc passant par le langage. Mais n’y a-t’il pas de l’indicible, de l’inéffable, donc tout de même de la pensée qui dépasserait les limites du langage ?</p>
<p style="text-align: justify;">L’inéffable n’est en fait rien de plus qu’une illusion. La pensée n’existe que par le concept : en dehors du concept, il n’existe pas de pensée. Il n’y a pas d’inéffable. Nous ne pouvons penser que par les concepts, du moins au travers des mots. C’est la thèse que soutient par exemple Hegel dans le §462 de <span class="souligne">L’Encyclopédie des sciences philosophiques en abrégé</span> : « <span class="citation">Nous n’avons conscience de nos pensées déterminées et réelles que lorsque nous leur donnons la forme objective, que nous les différencions de notre intériorité, et, par suite, nous les marquons d’une forme externe, mais une forme qui contient aussi le caractère de l’activité interne la plus haute</span> ». Hegel soutient donc que la pensée ne peut se faire que par le mot, par l’union intime de l’interne (la subjectivité) et de l’externe (l’objectivité du mot). Par conséquent, vouloir penser en se passer des mots serait « <span class="citation">une tentative insensée</span> ». Autrement dit, l’inéffable n’existe pas. Croire que c’est ce qu’il y a de plus haut, la partie la plus élevée de la pensée est une croyance infondée, superficielle. Car l’inéffable n’est pas autre chose que la pensée obscure, « <span class="citation">à l’état de fermentation, et qui ne devient claire que lorsqu’elle trouve le mot</span> ». L’inéffable est une absence de pensée, de conceptualisation : c’est un défaut de langage. Le langage n’est donc pas un simple instrument insatisafaisant pour communiquer sa pensée : la véritable pensée ne peut que passer par les mots ou par les concepts.</p>
<p style="text-align: justify;">On se retrouve alors avec une sorte de dichotomie. D’une parte la pensée au sens strict, c’est-à-dire conceptuelle ne peut passer que par le langage. Mais d’autre part, au sens large, n’y a-t-il pas des formes de pensée non conceptuelle ou ne passant pas par des mots : le langage n’apparaît alors que comme un instrument. Il s’agit alors pour conclure notre analyse de faire voler en éclat cette apparente dichotomie.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>III- Toute pensée passe par le langage</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="lettrine">L</span>e langage n’est pas un simple instrument, c’est au contraire cesans quoi il n’y a pas de pensée. La pensée n’est pas antérieure, plus large que la langage : la pensée est nécessairement de la pensée formée dans et par le langage. Dans le chapitre IV de <span class="souligne">La Phénoménologie de la perception</span>, Merleau-Ponty défend la thèse selon laquelle la pensée et le mot se font l’un l’autre : « <span class="citation">La parole n’est pas le « signe de la pensée », ce n’est pas une gumée annonçant le feu</span> ». La pensée n’existe pas hors du monde, « <span class="citation">la pensée n’est rien « d’intérieur » </span>». Pourquoi alors croyons-nous que les mots ne sont que l’expression matérialisée d’une pensée intérieure sans expression ? C’est le fait que nous pouvons nous rappeler silencieusement des pensées déjà constituées et exprimées, par lesquelle nous nous donnons l’illusion d’une vie intérieure. « <span class="citation">Mais en réalité ce silence prétendu est bruissant de paroles, cette vie intérieure esrt un langage intérieur</span> ». La pensée « pure » n’est qu’un vide de la conscience : impossible de penser sans langage. Pensée et expression se constitue simultanément. Pensée et langage sont indissociable l’un de l’autre, même quand nous avons l’impression contraire (l’impression de la pensée muette, pure). Ici, Merleau-Ponty rejoint la position de Hegel. Mais cela ne resoud toujours pas le problème de savoir si l’on peut abandonner la dichotomie esquissée précédemment. Le recours ici à Merleau-Ponty ne fait que renforcer, si cela était nécessaire, la thèse de la nécessité du langage pour l’exercice de la pensée au sens strict. Mais qu’en est-il si de la pensée au sens large ? Ne passe-t-elle pas également par le langage ?</p>
<p style="text-align: justify;">Le langage est un ensemble de signes, c’est-à-dire de symboles. En ce sens, le langage ne se limite pas, bien évidemment, aux mots ou aux concepts mais recouvrent toute forme d’expression symbolique, comme par exemple l’expression artistique (peinture, sculpture, danse&#8230;). Ernst Cassirer (« le concept de forme symbolique, in <span class="souligne">Trois essais sur le symbolique</span>) définit la forme symbolique comme « <span class="citation">toute énergie de l’esprit par laquelle un contenu de signification spirituelle est accolé à un signe sensible concret et intrinsèquement adapté à ce signe</span> ». C’est comme si un univers de signes et d’images qui se sont créés d’eux-mêmes s’avançaient au devant de la réalité objective des choses. Les symboles sont ainsi une médiation nécessaire entre nous et le monde. On a alors une étrange antinomie car la cosncience est un flux incessant, elle s’inscrit dans le temps mais pourtant quelque chose doit être stable, doit durer pour qu’il y ait pensée et conscience. Cette stabilité est donnée par la forme symbolique qui est une libre création de l’esprit. C’est la médiation nécessaire entre l’esprit et le monde. Cette médiation peut prendre plusieurs formes. En abordant le monde d’un point de vue artistique l’homme découpe par exemple différemment le monded qu’en l’abordant d’un point de vue scientifique, ou religieux&#8230; etc. Cassirer développe notamment cette idée du découpage, de l’in-formation du monde par la forme symbolique dans E<span class="souligne">ssai sur l’homme</span>. Les différentes formes symboliques nous font voir différents aspects de la réalité.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais ces formes épuisent-elles le réel, le contenu immédiat le plus profond de la conscience, de la pensée ? Ne peut-on pas franchor la barrière du concept, de la représentation esthétique, de l’image mentale, bref de tout langage pour parvenir à la réalité en soi ? « <span class="citation">Même si l’on parvenait vraiement à écarter tout le caractère médait de l’expression langagière et toutes les conditions que celui-ci nous impose, le royaume de l’intuition pure, l’indicible prélude de la vie ne viendraient pas d’eux-même à notre rencontre, mais c’est de nouveau uniquement l’étroitesse et la touffeur de la conscience sensible qui nous enserreraient </span>». Derrière chaque symbole, chaque signe, qu’ils soient linguistiques, mythiques, artistiques ou intellectuels, il y a des énergies de mise en image. En supprimant les signes, on supprime ces énergies. C’est par la forme et sa médiation que l’immédiateté de la vie prend la forme de l’esprit : on ne peut penser, au sens large, que par et dans le langage. En ce sens, il ne faut pas scinder la pensée en un sens strict et un sens large : toute pensée passe par la forme symbolique (que ce soit le mot, le concept, l’image&#8230; etc.). Il n’y a par ailleurs pas d’indicible. Des choses peuvent certes ne pas êtr exprimable dans un langage mais pas dans tous : il peut y avoir de l’indicible dans une forme de symbolisme, mais il n’existe pas de pensée en dehors des différentes expressions symboliques.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Conclusion</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="lettrine">P</span>our conclure, nous avons donc pu voir qu’il n’y a pas de pensée en dehors de son expression et pas d’expression en dehors du symbole. Le langage symbolique n’est pas un simple instrument de la pensée : c’est la pensée elle-même se faisant. Il n’y a pas d’inéffable, car la pensée est tributaire de la médiation du langage, quel que soit ce langage. Car tout langage, dont la fonction unique est le découpage de la réalité, passe par la forme symbolique. Par conséquent, on ne peut penser les choses que dans et par la multiplicité des langages.</p>
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